Pour Michel Draguet, la vente-événement du « dernier da Vinci » pourrait avoir un impact sur les collections de nos musées.

La vente-événement du Salvator Mundi, de Léonard de Vinci, chez Christie’s a fait la une de l’actualité mais elle pourrait aussi avoir un impact sur les musées, souligne Michel Draguet, Directeur général des Musées des Beaux-Arts de Belgique. « On a acheté un nom. Ça fait partie d’une politique de marketing muséal de plus en plus marquée. » Cette envolée spéculative s’inscrit dans un processus de marchandisation des musées et de commercialisation des collections lié à la prolifération de nouveaux musées en Asie et au Moyen Orient. On constate ces dix dernières années, un phénomène d’accélération de construction de musées.  « Le musée est une invention occidentale qui a essaimé au XXème siècle aux Etats-unis qui est maintenant devenu un objet mondial. Pour les musées d’État ou les institutions publiques en Europe, l’idée de continuer à développer des collections est devenue assez compliquée. Les œuvres des grands maîtres seront devenues inaccessibles. Leur valeur ne pourra qu’augmenter. Je suis sûr qu’un jour, on verra des fonds de pension entrer dans ce type de logique parce qu’ils se diront que louer des œuvres d’art est devenu un busines. » La situation n’est pas pour autant désespérée. Nos musées disposent de trésors. Encore faut-il les exploiter. « Il est grand temps d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur la nécessité d’entretenir les collections et de les valoriser parce qu’elles représentent de véritables débouchés économiques à travers l’industrie touristique et le city marketing de villes qui disposent de grands musées. »

 

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