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Petit-fils de Lucien De Roeck à qui l’on doit l’emblème de l’exposition universelle de 1958 de Bruxelles, elle-même à l’origine du style atome, Denis Meyers se décrit parfois comme un typographe.

« Le fruit ne tombe jamais loin de l’arbre, sourit l’artiste de 41 ans. Sans le savoir j’ai fait les mêmes études que lui. »

C’est son compatriote Jean-Luc Moerman qui va l’amener au street art dès sa première année d’étude. « Il m’a fait me révéler à plein de niveaux mais le vrai déclic, qui m’a amené à ne me consacrer qu’à ma propre création, c’est sans conteste Remember/Souvenir. » Ce travail de 18 mois, recouvrant intégralement un bâtiment de 20.000 m2, mettra sur le devant de la scène l’artiste de Tournai. «

Dès le vernissage, où ont participé plus de 3.500 personnes, il s’est passé quelque chose. Le public ne pouvait imaginer que je l’ai réalisé m2 par m2 ; les visiteurs voyaient un tout, un ensemble cohérent ; certains pleuraient, d’autres n’arrivaient plus à s’exprimer. C’est aussi la force des mots, qu’il utilise beaucoup dans son travail. Les verbes à l’infinitif, que j’avais placés là avant tout pour me libérer de certaines douleurs personnelles, permettent une réappropriation individuelle. Chacun y retrouvait son histoire. Il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre ce que j’avais réalisé et comment cela pouvait toucher le public. » Au volant du bulldozer de 80 tonnes qui fera tomber les premiers murs du bâtiment, l’artiste a su instantanément faire le deuil de ce projet nécessairement mémorable.

Denis Meyers

Le pérenne et le temporaire se mélangent d’ailleurs allègrement dans son travail comme pour cette fresque à Shanghai détruite dès le lendemain de son installation.

Multifacette, l’artiste n’hésite pas à regarder vers d’autres formes d’art comme la sculpture, la joaillerie, la gastronomie, la chorégraphie ou la mise-en-scène.

« Cette diversité me nourrit énormément. J’aime l’idée que derrière un artiste, il peut y avoir aussi un artisan qui peut constamment se remettre en question, réapprendre, se réinventer. »

Denis Meyers travaille désormais sur un projet de sculptures monumentales autour des visages. Il démarre aussi un travail de body painting. « Cela découle d’un projet d’Éric Ceccarini auquel j’ai participé et qui m’avait beaucoup touché. Je voudrais arriver à retranscrire par des mots, directement sur des modèles de différents âges et origines, l’histoire de ces personnes. Il y a évidemment quelque part l’idée de dénoncer ce que la société impose aux femmes, mais pas que. »

 

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