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Elle n’a pas pris une ride. Fondée en 1919, la ROCAD ( Royal Chamber of Art Dealers) a été l’une des premières chambres syndicales créées en Europe pour défendre les antiquaires de son pays. Implantée en plein quartier des antiquaires au Sablon, la vénérable centenaire qui a fêté son siècle en 2019 rassemble aujourd’hui 115 membres dont près de la moitié exerce à Bruxelles.

Présidée aujourd’hui par Patrick Mestdagh, spécialiste des arts extraeuropéens, elle garde un œil vigilant sur l’évolution du marché et de la législation du commerce de l’art, en se donnant la triple mission d’informer, de défendre et de promouvoir ses membres en Belgique comme à l’international. « L’information donnée à nos membres est la première mission clé de notre chambre syndicale, dit son Président. Nous les tenons informés des évolutions de la TVA, des règles d’importations et d’exportations et de toutes lois afférentes au commerce des antiquités et œuvres d’art. » Son code éthique précise les exigences pour ses membres en matière d’expertise, de lutte contre le commerce illégal de biens culturels, de lutte contre le blanchiment d’argent, d’authenticité et du respect du devoir de discrétion. « Nos membres se doivent d’être irréprochables. Ils prennent l’engagement de respecter ces règles en signant une charte de déontologie lors de leur adhésion, car une chambre syndicale a un devoir de collégialité et de respect cordial », ajoute Patrick Mestdagh.

Patrick Mestdagh

Surtout, la chambre belge se montre particulièrement active dans la défense des droits des antiquaires, que l’actualité ne ménage pas toujours, comme l’explique son Président : « Nous sommes dans une période où de nombreuses lois arrivent, certaines parfaitement justifiées et tout à fait acceptables, mais d’autres plus difficiles à appliquer ou exagérées. En tant que Syndicat, on se doit d’agir pour la défense de notre profession. Par exemple, la question de l’ivoire a été soulevée il y a quelques années lorsque le Président Obama a interdit son commerce sur le territoire américain, ce qui a été une prise de position un peu rapide, car si tout le monde est bien d’accord sur la nécessité de lutter contre le braconnage pour protéger les espèces, à nos yeux, rien ne devrait empêcher de vendre un objet ancien en ivoire puisque la vente de cette pièce ne va pas mettre en péril la vie d’un éléphant, mais ne la sauvera pas non plus… Il y a là un raccourci politique qui nous met dans une situation compliquée. »

Un contexte délicat de politique internationale et de lutte contre le blanchiment qui fait que les antiquaires sont souvent à tort montrés du doigt, selon Patrick Mestdagh : « Le marché souffre aussi de l’idée que le commerce de l’archéologie financerait le terrorisme. Or aucun marchand sérieux ne prendrait ces risques, les rares brebis galeuses qui sont des cas isolés n’ont certainement pas pignon sur rue. Les membres font leur travail consciencieusement et tout un pan de notre profession peut pâtir de cette image. » Ce travail de sensibilisation auprès des acteurs et de dialogue avec les autorités de régulation, la ROCAD entend bien la poursuivre par delà de la profession. « La Chambre syndicale a pour vœu de représenter l’ensemble du commerce de l’art en Belgique, pas seulement ses membres, affirme Patrick Mestdagh. Nous sommes aussi là pour aider les collectionneurs et tout le marché de l’art. Nous devons parler d’une seule voix. »

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