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C’est un charmant village de Flandre-Occidentale, « un secret bien gardé » entre la Lys et l’Escaut. Depuis le 14 août et jusqu’au 21 septembre 2025, Sint-Denijs vit au rythme de sa deuxième biennale d’art contemporain. « Lors de la première édition de Sint-Denijs-City, nous avons exploré la tension entre village et ville, campagne et urbanisation », explique Jan Leysen, commissaire de cette biennale pas comme les autres. « Cette année, nous avons creusé cette idée en se demandant comment les individus et les communautés trouvent leur place par rapport à l’environnement. » Pour le curateur originaire de Courtrai, avocat de profession et collectionneur à ses heures, l’art se déguste en prenant son temps : « La biennale emmène les visiteurs le long d’un parcours dans le village et en pleine nature où art et environnement se rencontrent. »

Au fil des 6 kilomètres de déambulation, une quarantaine d’œuvres, dont une bonne partie créées in situ spécialement pour la biennale par des artistes belges et internationaux, se dévoilent au détour d’un vignoble ou d’un sentier forestier. « Cette année, nous avons fait spécialement venir The fisherman, une sculpture de 10 mètres de haut créée par l’artiste limbourgeois Tom Herck pour la Biennale de Venise l’an passé, précise-t-il. Elle est installée au bassin d’Espierres et surplombe l’Escaut. »

The Fisherman by Tom Herck

La recette fait mouche : pour de sa première édition en 2023, Sint-Denijs-City a accueilli 8.600 visiteurs. Un tour de force pour un village rural d’à peine 2.500 âmes. « Il était important d’impliquer les habitants dès le début et de mettre en lumière la vie sociale du village, se souvient Jan Leysen. C’est l’ancien maire qui a eu cette idée de biennale et qui m’a donné carte blanche. J’ai rencontré le boulanger, le boucher pour me présenter, parler avec les gens. J’ai fait le tour à vélo avec le maire. On allait voir si les fermes pouvaient accueillir de l’art contemporain. J’ai bu des bières au café pour créer des liens. C’était toute une aventure. La première biennale a généré beaucoup d’affluence dans le village, les cafetiers étaient débordés. Maintenant les gens me demandent de mettre une œuvre chez eux ! »

Le curateur assume une sélection éclectique d’artistes pointus. Ici, pas de peinture de paysages ou de fleurs quand bien même la biennale s’ancre dans la ruralité : « Je sélectionne que ce que j’aime, peu importe le nom, affirme-t-il. Je veux être surpris. Et puis, un bon artiste a toujours quelque chose à dire… »

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