Les musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, dont le siège principal et situé rue de la Régence, sous l’appellation desquels sont regroupés six établissements à Bruxelles, et conservées plus de 20.000 œuvres d’art, sont fermés au public depuis le 14 mars en raison de l’épidémie de coronavirus.

« Ici comme ailleurs, la prise de conscience a été progressive, à mesure que le virus progressait, en Chine, puis en Italie, où l’épidémie a entraîné la fermeture du jour au lendemain d’expositions qui comprenaient des œuvres appartenant à notre institution, explique Michel Draguet, directeur des MRBAB depuis 2005.

Michel Draguet ©photo Sophie Delauw

Il y a d’abord eu une phase de prudence, avec réduction du personnel aux seules équipes indispensables à la vie du musée, puis nous sommes passés à la phase de confinement proprement dite, où seule l’équipe de garde est d’astreinte permanente, sachant que plusieurs fonctions de surveillance, concernant par exemple le conditionnement d’air et l’hygrométrie, sont largement automatisées. »

Cette fermeture contrainte a pour conséquence une perte de recettes de l’ordre de 700.000 euros par mois, à mettre en regard d’une économie de 100.000 euros liée à la réduction sensible de la consommation électrique. Pour faire face, les musées royaux ont été autorisés à puiser dans leurs réserves, gelées depuis déjà plusieurs années dans le cadre de la politique de rigueur budgétaire. « Le personnel, qui est un personnel d’État, est mis en disponibilité et le teleworking a été développé, ce qui est un aspect intéressant qu’il faudra analyser après cette crise, dans le sens où il pourrait entraîner un changement de paradigme dans notre manière de fonctionner, avec, derrière, des enjeux de mobilité ou d’environnement », précise encore Michel Draguet.

Celui-ci s’emploie à produire une actualité spécifique au confinement sur le site internet des musées royaux et les réseaux sociaux, laquelle vient abonder l’animation courante autour des collections. Là encore, le directeur pronostique une évolution notable des relations entre l’institution culturelle et son public :

« On se dirige vers plus de proximité, plus de réactivité. Jusque-là, les spectateurs venaient au musée pour vivre une expérience. La crise va sans doute en générer quelque chose de beaucoup plus participatif. »

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