Collectionneurs émérites, Wilfried et Yannicke Cooreman sont d’un tempérament partageur. En 2009, une partie de leur collection, profuse et éclectique, commencée au début des années 1970, avait été présentée au musée d’art moderne et contemporain Dhondt-Dhaenens (MDD) de Deurle, en Flandre orientale. Cinq ans plus tard, c’est dans le cadre Art Déco de la maison de vente Lempertz, à Bruxelles, que les visiteurs avaient pu prendre la mesure de cette collection exceptionnelle, valorisant non seulement les œuvres d’artistes de la génération de ce couple autodidacte, tels Thomas Schütte, Franz West ou Martin Kippenberger, que celles de créateurs plus jeunes, comme Lucy McKenzie, Danh Vo ou encore Simon Denny.

« On connaît à peu près tous les artistes dont nous collectionnons les œuvres », assure Wilfried Cooreman qui, avec son épouse, a commencé à fréquenter les musées et galeries juste après leur mariage, d’abord à proximité de leur lieu de résidence, à Anvers, Gand ou Bruxelles, puis de plus en plus loin : Amsterdam, Düsseldorf, Paris, Londres… « Petit à petit, on a élargi nos connaissances. On n’avait pas de projet très défini pour notre collection, on fonctionnait surtout à l’émotion, et c’est encore le cas aujourd’hui », précise le comptable à la retraite, qui aime à dire que la collection est « une sorte d’autoportrait du couple ».

 

Les nombreux contacts développés par les Cooreman dans le milieu artistique sont, depuis maintenant trois ans, mis à contribution à Puers (Puurs), un petit village près d’Anvers où ils sont installés, pour la mise en œuvre d’une exposition annuelle d’art contemporain. « On a répondu à une demande du centre culturel et du bourgmestre qui savaient que nous étions collectionneurs. De décembre à février, entre douze et quinze œuvres – peintures, sculptures, dessins –, sont ainsi présentées dans l’espace public, à l’extérieur, à la bibliothèque, dans un magasin vide ou une maison inhabitée, racontent Wilfried et Yannicke Cooreman, tout heureux de jouer les curateurs et les guides pour le public local et extérieur.

Le budget ne nous permet pas de commander aux artistes des œuvres spécifiques, mais il est généralement suffisant pour qu’à la fin de l’exposition, la commune puisse acquérir l’une des pièces présentées. »

L’initiative, qui donne aujourd’hui lieu à une communication à l’échelle régionale, ne demande qu’à se développer.

 

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