L’épouse de feu Jacques Hollander, célèbre collectionneur d’antiquités et d’art Renaissance, est devenue, après sa disparition en 2004, une fervente collectionneuse d’art contemporain, une passion soudaine qu’elle interprète aussi comme une « renaissance ».

Depuis l’année dernière, une partie de sa collection d’œuvres de jeunes artistes émergents est visible du grand public dans un ancien garage du quartier de Forest, à Bruxelles, rebaptisé le P.O.C., pour « passion-obsession-collection ».

Galila Portrait ©Debby Termonia

« J’ai acheté ma première œuvre parce qu’elle faisait écho à ma situation émotionnelle du moment, sans rien y connaître, et je continue aujourd’hui de suivre mes impressions, mon instinct », rappelle Galila Barzilaï-Hollander qui, voilà près de quinze ans, a poussé la porte de l’Armory Show à New York, pensant entrer dans une foire d’antiquités, et y a acquis une pièce d’un jeune créateur contemporain américain contenant 11.522 fois le mot « Why? » « Ça m’a ouvert les portes d’une autre vie, insiste la collectionneuse.

Quand j’aurai cent ans, j’aimerais que l’on puisse dire que ma collection est du niveau de celle de Peggy Guggenheim. » Hormis quelques plasticiens connus, cette collection « intuitive et  viscérale » fait surtout la part belle à la nouvelle création, incarnée par Ry Rocklen, Cecilia Costa, Haegue Yang ou encore Chris Soal, des artistes dont Galila Barzilaï-Hollander aime à dire qu’ils pourraient être ses enfants.

« D’abord j’achète une œuvre à laquelle je m’identifie et, ensuite, si j’en ai l’occasion, je rencontre l’artiste, explique-t-elle encore. Très souvent, on est sur le même mode de pensée, et se développe alors une relation presque familiale qui relève davantage de l’affect que du domaine intellectuel. C’est un peu comme si c’était moi qui prenais les artistes dans mon univers…

GALILA’s GALLERY
Jos Degruyter / Harald Thys, AES + F, Shivari AGGARWAI, Erik DIETMAN, Andreas
SCHULENBURG, Anna SAMAT

Ma collection est une sorte d’autobiographie. » Offrir une plus grande visibilité à ces jeunes artistes est un engagement auquel Galila est très attachée, et l’ouverture de son espace permanent fait suite à une première exposition d’une partie de sa collection (250 pièces) à la Fondation Boghossian, dans la Villa Empain, en 2014.

« Dans vingt ans, on saura si j’avais raison, mais le fait d’être régulièrement contactée par des musée pour des prêts d’œuvres veut déjà dire quelque chose », assure la collectionneuse à l’instinct.

GALILA’s GALLERY
Christiane FESER, Jean DENANT

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