À la faveur d’une exposition organisée en partenariat avec la Deutsche Bundesbank à la mi-mai, la Banque nationale de Belgique a donné à voir une grande partie de sa collection d’art contemporain au public dans ses vastes locaux du boulevard de Berlaimont, dans le centre de Bruxelles.

Les œuvres, acquises à partir 1972 et la création de cette collection à des fins essentiellement internes – il s’agissait alors d’enrichir l’environnement de travail des quelque 1.500 salariés – étaient rassemblées depuis le printemps sous la coupole d’une salle des guichets de près de 200 mètres de long, dont deux seulement sont encore en service.

Cette collection compte aujourd’hui 2.000 peintures, estampes et sculptures d’artistes belges contemporains, de Michaël Borremans à Jo Delahaut, en passant par Luc Tuymans, Pierre Alechinsky, Berlinde De Bruyckere, Dirk Braeckman, Walter Swennen, Raoul De Keyser, Vaast Colson, Ante Timmermans ou encore Pol Bury…

« À l’origine, et c’est toujours le cas aujourd’hui, il y avait aussi l’idée de jouer un rôle de mécène pour les artistes belges vivants, de soutien à la création artistique et à l’innovation dans notre pays », explique le conservateur Yves Randaxhe.

Yves Randaxhe Curator of the Art Collection © National Bank of Belgium, Patrick Van Den Branden

Nommé à ce poste au début des années 2000, cet historien d’art de formation travaille pour la Banque nationale de Belgique depuis 35 ans, du musée numismatique à la communication interne et externe, et devrait faire valoir ses droits à la retraite dans les toutes prochaines années. Si, en vertu de sa vocation de banque centrale, la BNB n’est pas fondée à investir dans l’art contemporain ni à revendre les œuvres achetées avec l’argent public, cette première exposition témoigne de sa volonté d’utiliser désormais sa collection d’entreprise pour valoriser son image et soigner sa communication à l’extérieur.

« Nous ne cherchons pas à acquérir des blockbusters, nous n’en n’avons de toute façon pas les moyens, mais nous cherchons généralement des œuvres originales là où les autres ne vont pas », précise Yves Randaxhe qui, dans sa politique d’acquisition, s’entoure d’un comité artistique, formé de personnalités du milieu muséal ou de la critique d’art. Son rôle de conservateur s’étend, au sein de la banque, à l’accueil d’artistes pour des créations in situ ou des conférences à l’intention du personnel, lequel est régulièrement invité à des sorties culturelles « sur le temps de midi ».

Via le réseau intranet, ces employés peuvent choisir les œuvres qui décoreront leurs bureaux, mais vont devoir, avec la création et la mise en ligne annoncées d’un catalogue, se résoudre à partager un peu plus « leur » collection avec le grand public.

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