La maison de ventes aux enchères Native s’apprête à souffler ses 15 bougies. Première maison de ventes belge spécialisée dans l’art tribal fondée par Nicolas Paszukiewicz et Sébastien Hauwaert en 2011 dans le prestigieux quartier du Sablon à Bruxelles, Native s’est d’abord imposée sur le terrain pointu de l’art africain, avant d’élargir son horizon aux tableaux modernes et au design, avec des incursions ponctuelles vers les tableaux et meubles anciens. Un développement organique revendiqué par ses dirigeants et un mélange des genres qui fait mouche auprès de leurs clients. « Chez nous, tout est question d’affinités. On va vers ce qu’on apprécie et vers la qualité qu’on arrive à rencontrer, ce qui nous permet d’avoir une clientèle qui se développe elle aussi de manière organique. Elle devient, en général, assez fidèle parce qu’elle retrouve une sensibilité qui lui parle », raconte Emmanuel Van de Putte, qui a rejoint la maison comme associé en septembre 2025. Ancien directeur du bureau belge de la maison de ventes allemande Lempertz, puis spécialiste du département Art impressionniste et moderne de Christie’s, ce fin connaisseur des rouages des grandes maisons a également officié à la tête des bureaux belge et luxembourgeois de Sotheby’s. « Nos acheteurs suivent notre curiosité et attendent les ventes et les catalogues pour voir ce qu’on a à offrir », résume-t-il.

Emmanuel Van De Putte
Indépendance, liberté de ton et de sélection, peu d’objets, mais triés sur le volet… Native entretient une méthode presque artisanale dans un marché de l’art qui pousse souvent à l’hyper-spécialisation. Avec deux ventes aux enchères par an, chacune composée d’une sélection resserrée de 80 objets, et une offre croissante de ventes privées et de vacations online, la maison a su rester à taille humaine, au plus proche de sa clientèle. « Nous avons tous les trois un parcours de généralistes, même si chacun a ses intérêts particuliers. C’est un atout, car nous pensons que la clientèle d’aujourd’hui a besoin d’autre chose, d’une lecture transversale de l’art. C’est pour cela que nos ventes sont relativement limitées en nombre d’objets : nous voulons garder un haut niveau d’exigence », explique son fondateur Nicolas Paszukiewicz, lui-aussi passé par les grandes maisons internationales. Il précise : « Il y a une forte demande de la part des acheteurs pour avoir des offres totalement transparentes, tant au niveau de la provenance que de l’expertise. »
Un positionnement qui s’incarne également dans la programmation de la maison, qui défend l’idée d’être un lieu de culture au cœur de Bruxelles, et pas seulement un espace de vente. Deux temps forts vont ainsi marquer son anniversaire : une exposition muséale consacrée fin août à Léon Spilliaert, figure marquante de l’art belge du début du XXe siècle, qui a fréquenté le milieu du symbolisme. Elle sera suivie quelques jours plus tard par la vente de la collection de Suzanne et Robert Panier couvrant un panorama allant de l’art cinétique au groupe CoBrA, en passant par l’art minimal. « C’est sans doute l’une des dernières collections de cette génération qui passera en vente, se réjouit Emmanuel Van de Putte. C’est assez exceptionnel qu’elle soit organisée chez nous ; elle aurait pu plaire aux grandes salles de vente, mais les héritiers nous ont fait confiance. » Des pépites qui font la réputation de cette maison, qui n’a jamais renié son exigence ni son indépendance.