Chez Dior, la collection femme automne-hiver 2020-2021 s’inspire du surréalisme, et tout particulièrement des artistes féminines que sont Lee Miller, Dora Maar et Jacqueline Lamba, ainsi que des tableaux de Leonora Carrington et Dorothea Tanning, pour les couleurs.

« Les images surréalistes parviennent à rendre visible ce qui est en soi invisible. Je m’intéresse au mystère et à la magie, qui sont aussi une façon d’exorciser l’incertitude quant au futur », aime à dire Maria Grazia Chiuri, la directrice artistique de Dior, à propos de cette collection présentée en ligne au public dès le mois de juillet à travers un court-métrage signé Matteo Garrone.

Créée en 2017 pour promouvoir les artistes surréalistes belges, la Fondation Marcel Mariën (1920-1993) est particulièrement honorée du fait que la maison haute couture et sa styliste en chef aient choisi comme référence une œuvre de l’artiste anversois pour « illustrer » l’une de robes de la collection, à savoir la Eyre en tulle drapé blanc brodé de la citation de l’artiste : « Blanche et muette habillée des pensées que tu me prêtes ».

Cette phrase est disposée de la même manière, en « queue de rat », sur le corps nu d’un modèle de Mariën dans Le tableau blanc, une photographie datée de 1953.

Le Tableau Blanc Marcel Mariën, Le Tableau Blanc, 1953 © Fondation Marcel Mariën, Adagp, Paris, 2020.

« Cette pratique visant à combiner mots et corps féminin traverse toute l’œuvre photographique de Mariën, soit que les lettres soient peintes à même le corps, soit qu’elles soient posées sur lui ou encore qu’il vienne rehausser des cartes postales représentant des nus féminins au moyen de mots », fait-on valoir à la fondation. Celle-ci a pour ambition d’étudier, de valoriser et de promouvoir le surréalisme en Belgique par le biais d’expositions, de publications, de colloques et par la création d’un centre de recherche et de documentation.

Elle a déjà publié un catalogue raisonné de Marcel Mariën. D’autres devraient suivre.

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