Dans la petite ville d’Herenthals à l’est de Bruxelles et Anvers se cache l’une des collections privées les plus fascinantes.

Entretenu par la douce Eveline Heylen, le centre d’art Hugo Voeten se déploie sur deux sites : une ancienne usine de grain convertie en espace d’exposition de 5.000 m2 sur neuf étages accueillant pas moins de 700 œuvres et un parc de sculptures de 15 hectares rassemblant plus de 300 pièces. Et encore, seulement la moitié de la collection est visible à un instant donné. « Nous changeons régulièrement nos accrochages pour montrer la variété du fond ou pour rendre certains hommages comme récemment avec une salle dédiée à Christo » précise la directrice. L’artiste d’origine bulgare est d’ailleurs représentatif d’une des spécificités de la collection Hugo Voeten. Celui-ci s’est en effet très tôt passionné pour la création d’Europe de l’Est. « À la chute du mur de Berlin et du démantèlement de l’URSS, les artistes de ces pays se sont libérés des grilles imposées par le soviétisme et ont créé à foison. Le marché s’en aperçoit aujourd’hui », explique Eveline Heylen.

©Kristof Vranken

La petite équipe du centre d’art (seulement trois personnes) investit d’ailleurs beaucoup pour reconstituer les histoires de ces artistes. « Hugo Voeten en connaissait personnellement la plupart. Nous sommes maintenant en contact avec les descendants de ceux-ci ou certains curateurs qui se passionnent désormais pour cette géographie. »

À son décès en 2017, les enfants du collectionneurs ont fait le choix de sanctuariser la collection. Ni cession, ni acquisition. « Ce qu’a construit Hugo Voeten, sa manière d’être, ses goûts infiniment éclectiques, tout cela fait que penser une stratégie d’acquisition aurait été à contre-sens de sa manière de collectionner » confie la responsable.

« À titre personnel, je suis particulièrement touchée par l’aspect intimement personnel de cette collection. À l’heure où la plupart des amateurs se concentrent sur des axes clairement définis ou perçoivent leur collection comme un actif financier, je trouve cette collection particulièrement rafraîchissante et d’une richesse sans fin. » Et de glisser, « en l’étudiant on navigue dans la vie passionnante d’un homme passionnant».

©Kristof Vranken

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