Spécialisé dans l’art contemporain, le galeriste anversois Boris Vervoordt, fils du fameux antiquaire Axel Vervoordt, a profité du confinement lié au coronavirus pour réfléchir aux conséquences et aux évolutions auxquelles pourraient être confrontés son métier et le marché à l’issue de l’épidémie ou dans l’hypothèse où celle-ci durerait ad vitam æternam

Kanaal. Outside overview ©Jan Liégeois

On vit un moment très intéressant qui doit nous amener à nous demander ce qui aura du sens dans le futur, explique le marchand d’art. Je suis déçu par la réaction actuelle du marché qui a l’air de penser que les plateformes en ligne vont pouvoir remplacer les foires et que les collectionneurs vont naturellement se reporter sur elles. Aujourd’hui, il y a quelque chose de déplacé à vouloir vendre de l’art comme si de rien n’était. En état d’urgence, si on va trop vite, on passe à côté des choses importantes.

Dans un courrier adressé à ses collaborateurs contraints au télétravail, Boris Vervoordt leur propose de prolonger ses réflexions autour des « sept piliers » sur lesquels repose, selon lui, l’art de vendre de l’art ou l’environnement idéal pour une telle activité : un ensemble commun de valeurs et de croyances, une exigence de qualité, une histoire vraie bien racontée, un bon timing, une exclusivité, une relation personnelle aux collectionneurs et un rapport au monde à la fois local et global.

« La vraie question, c’est comment peut-on amener l’expertise dans le monde virtuel, comment se mettre à nu dans le virtuel pour que la confiance revienne et demeure », confie le galeriste.

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