Menacée de disparition à la fin des années 1980, l’ancienne Maison de la radio de Belgique a repris du service depuis bientôt vingt ans comme centre culturel, dédié surtout à la musique et au cinéma.

Baptisé Le Flagey, en référence à la grande place d’Ixelles sur laquelle le bâtiment a été construit entre 1935 et 1938 selon les plans de l’architecte Joseph Diongre, le centre programme 250 concerts par an, essentiellement de musique classique et de jazz, dans des salles de 70 à 900 places.

L’orchestre philharmonique et le Chœur de la radio de Belgique sont accueillis en résidence au sein de ce pôle de 25.000 m², fréquenté en moyenne par quelque 300.000 personnes chaque année.

Pour la programmation cinématographique, l’association Flagey (ASBL), en charge de l’animation de cet espace, dont l’exploitation relève, elle, d’une société anonyme, s’appuie sur la Cinémathèque royale.

« L’acoustique du Flagey est véritablement exceptionnelle, assure son directeur général, Gilles Ledure.

Gilles Ledure in the Studio 4 of Flagey © CMIREB – Bruno Vessiez

Lorsque le bâtiment a été construit, la Belgique comptait parmi les pays les plus avancés d’un point de vue technologique en Europe, et l’Etat souhaitait en faire un important lieu de transmission et de création. La qualité d’écoute est reconnue par tous les artistes et par notre public, de vrais amateurs, au sens le plus noble du terme, qui trouvent ici une ambiance conviviale, mais aussi le confort et les conditions idéales pour une grande concentration. »

En poste depuis 2011, à la suite d’Hugo De Greef, Gilles Ledure a auparavant été directeur de l’Orchestre national de Belgique et de l’Orchestre philharmonique du Luxembourg, avant d’assurer la direction artistique de l’Orchestre national de Lille, à partir de 2007.

« C’est à Lille que j’ai appris que la musique pouvait être ouverte à tous, sans sacrifier la qualité », explique ce diplômé en musicologie et économie. Avec un taux de fréquentation de plus de 90% et une moyenne d’âge du public autour de 45 ans, le directeur du Flagey estime être en phase avec le slogan qui s’est donné l’institution : « Une excellence accessible».

« L’acoustique est quelque chose d’insaisissable, mais qu’on ressent immédiatement, enchérit Gilles Ledure. Elle joue sur les humeurs de l’être humain, mais peut aussi contribuer à son épanouissement. Ici, il suffit d’écouter les murs pour se rendre compte qu’ils sont là pour faire résonner la musique. »

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