Directeur du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (Bozar) depuis 2002, Paul Dujardin jette un regard rétrospectif sur sa mandature et détaille quelques-unes de ses pistes de réflexion pour l’avenir de cette institution, qui fêtera cette année le 90e anniversaire de son ouverture au public.

Paul Dujardin ©Filip Naudts Courtesy Bozar

Ancien directeur de la Société philharmonique de Bruxelles – aujourd’hui partie intégrante de Bozar avec d’autres sociétés affiliées –, cet historien de l’art de 56 ans s’est employé, tout en « dépoussiérant » cet haut-lieu culturel construit au lendemain de la Première Guerre mondiale par l’architecte Art nouveau Victor Horta, à renouer le dialogue entre le monde de la création artistique et le monde de l’innovation, dans un esprit largement interdisciplinaire. « Depuis que j’assure la direction du Palais des Beaux-Arts, nous avons essayé de retrouver l’esprit des origines, une complémentarité entre l’académie et l’avant-garde. Bozar est une très belle plateforme pour cela », assure Paul Dujardin, selon qui l’établissement a toujours eu vocation à devenir « une ville dans la ville », au rythme du développement de la capitale belge et européenne.

En l’absence de véritable patrimoine artistique, Bozar se doit de créer sans cesse l’événement, et la mission de son directeur est dès lors de tirer avantage ce qui pourrait paraître un inconvénient.

Il nous faut avoir une vision durable, à long terme. Vivre d’événement en événement n’est pas sans danger, même si cela nous oblige à une réflexion dialectique permanente et à une grande exigence en matière de qualité, précise le directeur général. On s’échappe de la verticalité des grands curateurs pour une horizontalité thématique et éthique, avec des artistes très engagés sur les questions sociétales. Grâce à de nombreux partenariats, on peut mener à bien un large programme de co-créations ou de co-productions en cohérence avec nos ressources.

En 2019, Bozar devrait notamment célébrer comme il se doit le 450e anniversaire de la mort de Bruegel, le peintre Renaissance Bernard van Orley, mais également l’Europe avec l’accueil artistes roumains dans le cadre du festival Europalia ou encore Keith Haring et les nouvelles formes graphiques.

Bozar. Grande Salle Henry Le Boeuf Palais Des Beaux Arts Brussels. Courtesy Bozar

Palais des Beaux-Arts (Bozar)
Rue Ravenstein 23
1000 Bruxelles
http://www.bozar.be/fr

 

Comments are closed.